Faire une thèse, oui, mais pour quoi faire ?

Pour une majorité d’étudiants-es, rédiger une thèse marque bien souvent la fin d’un cycle et, avec lui, la fin d’une formation universitaire faite de soutenances de mémoires, d’examens, de validations. Dans les faits, devenir doctorant-e impose cependant une rupture. Encore étudiant-e de par son statut, le-la futur-e docteur-e va abandonner cette trépidante vie estudiantine pour se consacrer seul-e à son travail. Pourtant, lorsque l’on arrive, après plusieurs années, au terme de cette activité de recherche, et notamment à sa rédaction, on prend conscience que le doctorat signifie bien plus qu’un titre universitaire s’inscrivant dans une simple chronologie.

La définition du doctorat sera certes différente selon les individus ; certains y verront un aboutissement, d’autres un commencement, une « récompense » voire parfois une certaine reconnaissance. En effet, ayant soutenu ma thèse en arts appliqués, je serais tenté d’avancer qu’il existe autant de motivations de mener à bien un doctorat que de doctorants-es. Pour ma part, le travail de recherche qui définit habituellement une thèse de doctorat s’inscrit dans une suite logique, une continuité dans un cursus de formation, tant professionnel que personnel, motivé par la nécessité de comprendre notre monde, mais également de lier une pratique artistique personnelle de création d’images à une réflexion théorique.

Bien évidemment, la thèse est très souvent considérée, à juste titre, comme la clé d’accès à une carrière dans l’enseignement universitaire ; en ce sens, elle se définit davantage comme un rite de passage. Pourtant, il n’est pas rare de rencontrer au sein de certaines écoles doctorales, et toutes disciplines confondues, des doctorants-es dénués-ées de toute ambition professionnelle au sein des filières d’enseignement universitaire. Souvent motivés-ées par des préoccupations d’ordre personnel, certains-es en effet ont pu rencontrer des questionnements leur paraissant intéressant d’être approfondis par la théorie. En cela, un doctorat peut aussi apparaître comme un espace propice à la réflexion.

Il est également nécessaire de prendre conscience que le doctorat peut aussi se concevoir comme une sorte de contribution personnelle, chaque doctorant-e apportant en quelque sorte sa pierre à l’édifice du savoir. En effet, une thèse de doctorat, une fois terminée et soutenue, constitue un corpus de connaissances qui pourra être à son tour consulté et cité en référence. En SHS, cette notion est d’autant plus intéressante qu’elle s’oriente vers l’avenir par le simple fait que dans quelques années, certains travaux de recherche constitueront à eux seuls de formidables témoignages sur notre société actuelle en mettant en évidence les préoccupations, les doutes, les attentes et les pratiques sociales de notre temps. En ce sens, une thèse n’est jamais figée, elle apportera, quelles que soient les époques, des notions, des idées, des raisonnements à celui qui voudra bien les découvrir.

POUR CITER CET ARTICLE :

Sylvain Baligand. (01/05/2014). « Faire une thèse, oui, mais pour quoi faire ? ». Le Guide du Doctorat en SHS. Strasbourg : Doxtra. Consulté le 21/06/2018 : http://guide.doxtra.org/avant-la-these/faire-une-these-oui-mais-pour-quoi-faire/

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