Le contexte de la thèse : l’imbrication des échelles

La pression qui pèse sur les doctorants-es est forte. D’une part, ils-elles se trouvent impliqués-ées dans des situations institutionnelles qui les dépassent (guerre de laboratoire, dispute d’allocation, etc.). D’autre part, ils-elles se situent à l’intersection de différentes échelles, chacune jouant un rôle clef pour la réalisation de son travail de thèse.

Le cadre global : la compétition scientifique. Il s’agit de la concurrence universitaire mondiale et européenne, avec le « classement de Shanghai ». Sans être une préoccupation quotidienne du-de la doctorant-e, il sert de maître étalon pour évaluer « l’excellence scientifique » des universités nationales, à partir de critères qui excluent quasi automatiquement les SHS.

Le cadre national : l’AERES (Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur). Comme son nom l’indique, il s’agit d’un organisme indépendant chargé d’évaluer les organismes de recherche et d’enseignement supérieur. Tous les quatre ans, les laboratoires, les formations, les diplômes et donc les écoles doctorales sont ainsi soumis à une visite de comité.

L’objectif de ce processus est de mesurer l’excellence, la vitalité, l’efficacité et les perspectives des unités de recherche ou des formations proposées1 Le bon classement dépend par exemple dans le cas des ED du nombre de publications (de rang A) de l’équipe, de son aura internationale, du nombre de thèse soutenues en moins de 5 ans, du nombre d’allocations obtenues et de la qualité de l’offre de formation. : à cette fin, différents critères sont analysés et soumis à notation (de A+ à C), assortie d’une remarque générale.

Les implications sont de taille, car ces évaluations serviront de base aux instances de l’UDS pour négocier leur budget avec l’État pour le prochain quinquennal. Les rapports sont consultables sur le site de l’AERES : www.aeres-evaluation.fr

Le cadre local : votre équipe de recherche. Vous lui donnez une visibilité à travers vos communications et productions, mais également parce que, par vos recherches, vous valorisez les activités du groupe dans son ensemble. Cette implication du-de la doctorant-e est essentielle pour la vie d’une équipe, elle est malheureusement souvent minorée.

Ce contexte peut être pesant. C’est dans cette optique que la Charte de doctorat garantit l’exercice de droits minimum à faire valoir pour éviter toute situation pouvant entraver la réalisation de votre thèse.

Références   [ + ]

1. Le bon classement dépend par exemple dans le cas des ED du nombre de publications (de rang A) de l’équipe, de son aura internationale, du nombre de thèse soutenues en moins de 5 ans, du nombre d’allocations obtenues et de la qualité de l’offre de formation.
POUR CITER CET ARTICLE :

Yannick Muller, Angelina Aleksandrova et Elodie Piquette. (01/05/2014). « Le contexte de la thèse : l’imbrication des échelles ». Le Guide du Doctorat en SHS. Strasbourg : Doxtra. Consulté le 19/07/2019 : http://guide.doxtra.org/avant-la-these/le-contexte-de-la-these-limbrication-des-echelles/

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