Etre doctorant « à distance »

Même si la totalité de mon expérience de « reprise d’études » fut une aventure solitaire – car j’habite en Belgique et je devais venir à Strasbourg une fois par mois pour y suivre les sessions de Master – l’entrée en Doctorat m’a donné une impression exacerbée d’isolement.

Le Doctorat est en lui-même un parcours en solitaire, c’est vrai, mais la distance géographique n’aide pas nécessairement à sa réalisation. J’habite pourtant une grande ville de Belgique où les bibliothèques ne manquent pas, mais qui dit bibliothèque, ne dit pas forcément bibliothèque spécialisée. Or, chacun sait qu’en recherche, nous avons besoin de bibliographies fouillées et précises. Il arrive donc de devoir attendre un séjour à Strasbourg pour devoir faire des recherches bibliographiques.

La seconde difficulté est la distance avec le directeur de thèse. Même si le courriel est devenu instrument précieux, il existe une distance entre l’écrit et sa réception : le ton n’est pas présent et un message écrit peut donc être mal ou insuffisamment interprété. Le directeur ne répond alors pas à la question posée et le doctorant n’ose plus envoyer un second courrier de peur de le déranger. Il reste donc seul avec sa question et perd du temps dans l’avancée de son travail. Un doctorant « sur place » a davantage la possibilité de contacter son directeur pour une entrevue ou de l’arrêter dans un couloir pour une question qui prendra deux minutes de son temps.

La troisième difficulté est cette impression d’être tenu en dehors de certaines manifestations organisées, même si notre École doctorale fait tout ce qu’elle peut pour nous informer de chacune d’elles. Malgré tout, nous sommes ailleurs et passons parfois à côté de choses simples mais importantes pour un doctorant qui marche seul. Pour citer un exemple qui tient à cœur aux théologiens, c’est la messe de rentrée à laquelle nous ne pouvons jamais participer car nous ne viendrons pas de nos différents pays pour assister à une messe d’une heure. Et cependant, pour nous, cela représente un temps fort et même le point de départ d’une année universitaire.

En un mot, il faut être motivé pour travailler à distance et s’imposer un planning assez strict concernant le travail. À ce sujet, les séjours ponctuels qui comprennent une rencontre avec le directeur sont assez motivants puisqu’il y a, à chaque fois, quelque chose à préparer pour cette date. On se met donc des points de repère : pour ce séjour, je dois avoir préparé telle chose, présenter telle recherche, rendre un rapport d’année, etc.

La conclusion est que le doctorat à distance est tout à fait réalisable pour peu que l’École doctorale soit bien organisée, que le directeur de thèse soit compréhensif et le doctorant enthousiaste. Je vis cette aventure maintenant depuis un an… et ça se passe bien !

POUR CITER CET ARTICLE :

Isabelle Perée. (01/05/2014). « Etre doctorant « à distance » ». Le Guide du Doctorat en SHS. Strasbourg : Doxtra. Consulté le 15/08/2018 : http://guide.doxtra.org/temoignages/etre-doctorant-a-distance/

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1 Response

  1. Doctorant dit :

    Bon courage et que de positivisme. C’est cela l’enthousiasme. Je n’ose signer puisque je suis ingénieur futur dans une grande boite. Apprendre … tout seul n’est pas le signe d’une grande autonomie mais d’une grande indépendance, …, qualité exécrée dans les entreprises internationales. Il ne faut donc pas le dire.

    Essayez donc de passer deux masters non parce que vous le valez bien mais parce que vous en êtes capable ! Au secours ! C’est absolument rédhibitoire aujourd’hui. Alors je me cache pour travailler tranquillement sur des sujets de physique(s) appliquée(s) où absolument personne ne comprend. Sauf peut-être ma femme à qui je fais des résumés. Je pense qu’elle a un QI supérieur à 130, car sans connaissances dans le domaine, elle me répond intelligemment. Ce génie « gagne » le SMIC à 62 ans. Une physicienne au génie méconnu ?

    Je suis donc doctorant en lousdé. Car je ne sais qu’être intelligent. Je sais c’est pas très malin 😉

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